Photographier l’interstice

Publié le 6 octobre 2026

Conférence le jeudi 15 octobre 2026 à 18h30, auditorium

© Alban Lécuyer, Sans titre (Ici prochainement : Sarajevo), 2015.

Dans le cadre du cycle d’événements « Architecture(s) et grands ensembles », l’ensa Nantes organise une table ronde associant Marie-Hélène Bacqué, sociologue, professeure émérite en études urbaines à l’université Paris Ouest-Nanterre, Alban Lécuyer et André Mérian, photographes

Les théories architecturales de l’après-guerre sont marquées par la revendication de l’obsolescence de la rue et du paysage urbain traditionnel. Dans les grands ensembles, tours et barres doivent être implantées indépendamment des voies de circulation : la ville neuve se construit par le creux. Les photographes missionnés par le ministère de la Reconstruction et de l’urbanisme saisissent la géométrie étrange de ces quartiers où les immeubles paraissent flotter sur d’immenses nappes de verdure ou de béton. Ces espaces libres, fruits d’une générosité spatiale fondée sur les théories fonctionnalistes, appartiennent à tous et à personne : espaces publics sans usages définis, ils auront tôt fait d’être considérés comme « déqualifiés » ou même « non qualifiés » dans les plans de rénovation urbaine des années 2000. La photographie contemporaine montre pourtant comment, dans ces interstices et dans un entre-deux sans cesse grignoté, niché entre le gigantisme du bâti et la violence des infrastructures, se livre la polysémie de la banlieue.

Marie-Hélène Bacqué est sociologue, professeure émérite en études urbaines à l’université Paris Ouest-Nanterre. Ses travaux se concentrent sur les dispositifs de démocratie participative, notamment dans les banlieues, sur l’étude des systèmes d’acteurs de la rénovation urbaine, et sur les effets des politiques publiques de logement en France.

Alban Lécuyer est photographe. Son travail porte sur la relation entre le temps et le paysage de la ville, à travers les notions de palimpseste et de stratification. Il s’attache à explorer l’écart entre représentation fantasmée et représentation vécue, et les rapports d’adhésion et de contrainte que les habitants entretiennent avec les mutations de leur cadre de vie.

André Mérian est photographe. Il vit et travaille à Marseille. Une rencontre avec l’architecte François Deslaugiers, au début des années 2000, le conduit à travailler plusieurs années durant sur le péri-urbain et sur les franges. Dans Retour à Roissy (2019), il photographie une banlieue plurielle mais partout semblant à un point de bascule ; un dénominateur commun de ses images serait la recherche de la trace, de l’indice glané dans un environnement souvent hors d’échelle.

Cette conférence est proposée dans le cadre du cycle d’événements « Architecture(s) et grands ensembles » organisé autour de l’exposition « Grands ensembles, 1960 – 2010. Regards photographiques » .

Elle est animée par l’un des coordinateurs du cycle, Hugo Massire, enseignant-chercheur à l’ensa Nantes.

Entrée libre et gratuite.

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